Faire facile.
Et oublier que vous devez absolument avoir mal pour réussir.
Bienvenue dans cette édition #6 d’(Ir)réprochables.
Nous sommes désormais 241. Merci du fond du cœur de me lire 🤍.
J’ai le vertige. Les années passent et c’est de pire en pire.
Quand, à l’invitation de notre ami très cher, qui nous faisait la joie de partager son Londres de coeur avec nous, il a été question de grimper tout en haut de la cathédrale St Paul, alors que j’avais déjà fait un effort surhumain pour déconnecter mon cerveau la veille sur “London Eye”, ça donne ça : le sourire qui pourrait être un cri et mon corps qui s’accroche à tout ce qui passe.
Là, un mur épais, devenu mon meilleur ami.
Je confirme, la vue est dingue. Merci Mary Poppins. Merci London. See you.
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Sommaire
Pourquoi vous parler de facilité aujourd’hui
La tentation des 10 000 heures
Désapprendre l’effort comme vertu
Et laisser place à la grâce, autrement dit, au lâcher-prise.
“Je n’ai rien fait pour être là où je suis aujourd’hui”.
Tout est partie de là, cette remarque que me faisait une cliente que j’accompagne en bilan de compétences. En effet, On débute en général par le récit professionnel.
D’après elle, son parcours ne valait pas grand-chose puisqu’elle s’était toujours laissée porter par les événements.
Ce qu’elle disait, surtout, c’est qu’elle-même n’avait pas grande valeur, parce qu’elle avait réussi mais pas vraiment grâce à ses efforts. Enfin surtout, parce qu’elle n’avait pas assez souffert, à son goût, pour occuper le très bon poste qui est le sien.
Ça m’a tordu le ventre. Littéralement.
J’ai dû me lever pour réussir à faire passer cette sensation poisseuse.
Bien sûr, il y a sa singulière impostrice qui parle. Mais quelque chose de plus profond aussi s’exprimait.
Quelque chose qui vient de plus loin.
De notre enfance - un de ces contes qui nous disait qu’il faut souffrir pour être belle.
Il y en a plusieurs mais le plus emblématique demeure La Petite Sirène d’Hans Christian Andersen (1837).
Pour rappel, cette petite sirène (qui ne s’appelle pas Ariel) accepte une douleur atroce (il est dit que chaque pas occasionnait des souffrances intolérables) pour prendre forme humaine et conquérir l’amour d’un prince.
Tout ça pour finir sur un rocher devant des usines qui fument tout ce qu’elles peuvent…
Au-delà du conte, tout est fait pour nous rappeler à la souffrance.
Je vous parlais aussi il n’y a pas si longtemps du poids du mérite dans nos vies (vous pouvez relire édition de la newsletter, c’est ici:
Et même nos psys nous disent qu’il faut “travailler sur soi”, sous-entendant que, non, ça ne va pas être facile.
Pourtant, il y a bel un bien une autre manière de vivre que je vous propose de choisir de déployer, parce que c’est possible : Faire facile.
La tentation des 10 000 heures
D’après le psychologue Anders Ericsson, sur la base d’une étude menée en 1993, popularisée par Malcolm Gladwell dans son livre Outliers (2008), il faudrait 10 000 heures pour atteindre l’excellence.
Ericsson avait observé des violonistes à l’Académie de musique de Berlin et identifié que les meilleurs avaient pratiqué en moyenne environ 10 000 heures avant d’atteindre le graal.
“Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration” Thomas Edison.
Selon cette théorie donc, il faudrait un entraînement intensif, de la sueur et des larmes, pour atteindre l’extrême compétence.
Le problème des 10 000 heures.
Les conditions de ce fameux précepte sont précises : il est indiqué d’abord qu’il convient d’en faire des heures de “pratique délibérée”.
La pratique délibérée, ce n’est pas une pure répétition. Elle repose sur la réunion de plusieurs éléments :
Un objectif précis et ciblé : travailler une difficulté particulière
Un effort mental intense et une sortie de la zone de confort : travailler au-delà de ses limites actuelles
Un encadrement : idéalement avec un professeur ou un mentor qui vous guide.
Autant dire qu’on n’est pas sorties de l’auberge…
Parmi ses violonistes, Ericsson a identifié 3 groupes distincts :
ceux qui finissent solistes internationaux ou premiers violons dans des orchestres dits prestigieux (groupe 1),
ceux qui deviennent des musiciens professionnels (groupe 2),
ceux, enfin, qui deviennent professeurs de violons (groupe 3).
Le point qui est rarement mis en avant dans cette théorie, c’est que ceux qui font partie du groupe 1 et 2 dorment aussi plus que les autres, les 1ers singulièrement.
Donc, 10 000 heures si et seulement pratique délibérée + sommeil préservé.
Il semblerait que cette théorie se vérifie par-delà le seul domaine des grands orchestres :
Les Beatles auraient bénéficié d’un coup de pouce de leur manager qui les avait envoyé à Hambourg pour jouer dans des clubs parfois huit heures d’affilée pendant des mois. Au total, entre 1960 et 1962, ils auraient passé 270 nuits sur scène, forcés à jouer un répertoire immense, à se forger une cohésion et une maîtrise scénique exceptionnelles. John Lennon disait qu’ils étaient partis à Hambourg médiocres et en étaient revenus un vrai groupe ;
Mozart avait été initié au piano à 5 ans. Son père Léopold était lui-même musicien et pédagogue, et lui a imposé un entraînement intensif et structuré dès la plus petite enfance ;
Quand il fonde Microsoft en 1975, Bill Gates a déjà accumulé un nombre d'heures de programmation extraordinairement rare pour son époque, ayant bénéficié des nuits entières d’un ordinateur mis à sa disposition au lycée et à l’hôpital où travaillait sa mère.
Bref, on pourrait être tenté d’y croire.
Et de devoir se plier au travail acharné et harassant.
Mais cette théorie est souvent, et de plus en plus, remise en question.
D’abord en ce qu’il s’agit d’une moyenne, avec une très forte variance par définition, ensuite en ce qu’elle porte sur un très petit nombre de sujets, ce qui la rendrait difficilement généralisable.
Dan McLaughlin, photographe américain sans aucune formation sportive particulière, décide, à l’âge de 30 ans, de tester la thèse des 10 000 heures sur lui-même en essayant de devenir golfeur professionnel. C’est ce qu’il a appelé “The Dan Plan”.
Il quitte son emploi et se consacre à temps plein en s’entraînant environ 6 heures par jour, de manière structurée (en étant suivi et encadré par des coaches renommés) et délibérée.
Sa progression a d’abord été remarquable et encourageante. Mais après environ 6 000 heures de pratique, il a dû tout arrêter en raison d’une blessure grave au dos qui l’a contraint à mettre fin à l’expérience.
Personne ne s’est vraiment mis d’accord sur la conclusion à apporter à cette expérience compte tenu du fait qu’elle s’est arrêtée en route.
Cette théorie des 10 000 heures n’en reste pas moins tout à fait problématique.
Elle est en effet aussi encourageante et libératrice (tout est possible en somme puisqu’il suffit de travailler) que culpabilisante (si tu n’y arrives pas, c’est de ta faute…).
De fait, elle ne tient pas compte non plus de l’inné - car il est à peu près certain que Mozart, Rimbaud ou Serena Williams avaient chacune des prédispositions dans leurs domaines respectif.
Mais surtout, cette expérience passe à côté de l’essentiel : nous ne sommes pas là pour souffrir.
Travailler, bien sûr.
Faire des efforts, encore plus.
Faire preuve de discipline et de détermination, mille fois oui.
Mais souffrir, ça non.
Désapprendre l’effort comme vertu
“J’ai l’impression de ne pas mériter ma place si je ne suis pas en difficulté” trouve sa pleine justification dans la “hustle culture”, ou “grind culture”.
Une idéologie toute droite venue de la silicon valley au début des années 2000.
C’est Monsieur Musk lui-même qui nous l’a si élégamment rappelé : “nobody ever changed the world on 40 hours a week”.
Il s’agit d’une idéologie qui valorise le fait de :
travailler le plus possible, le plus longtemps possible ;
dormir peu et se reposer aussi peu que possible car le repos, c’est pour les faibles - (“sleep when you are dead” - ça ne fait pas rêver pourtant) (ha ha ha) ;
l’épuisement, c’est une preuve de sérieux et de valeur ;
le succès est le fruit d’un effort maximal et visible.
La culture du hustle a frappé les femmes doublement : elles doivent prouver leur légitimité ET montrer qu'elles travaillent suffisamment.
Et nous voilà, avec des chiffres de burn out sans précédents, un quiet quitting, et un mouvement des millenials et de la Gen Z qui tend à prendre le contre-pied total. Comme on les comprend.
Greg McKeown a théorisé le sujet dans deux ouvrages qui ont fait date, Essentialism en 2014 suivi d’Effortless en 2021.
Il part du principe que les hautes performeuses ont été conditionnées à croire que la réussite exige un effort constant - on le suit jusque-là.
Et, surtout, que la voie de sortie n'est pas de s'acharner davantage, mais de trouver un chemin plus simple, plus facile, vers ce qui compte vraiment.
Il propose 5 idées clé que je vous invite à vous approprier :
Inverser l’équation : Au lieu de se demander “comment travailler plus dur ?”, se demander “comment rendre cela plus facile ?”
Faire une fois ce qui évite de refaire : mettre en place des systèmes, des routines, des décisions uniques qui produisent des résultats récurrents sans effort répété.
Le progrès linéaire vaut moins que le progrès résiduel : McKeown distingue les actions qui produisent un résultat une seule fois de celles qui produisent des résultats en continu. et encourage à privilégier les secondes.
Simplifier avant d’optimiser : il ne sert à rien d’optimiser un processus inutilement complexe. La première étape est toujours de simplifier.
L’effort excessif ou mal-orienté est contre-productif.
L’état recherché, celui d’un “sans effort” est un état mental dans lequel il s’agit d’être présent, détendu et focalisé, proche de ce que Csikszentmihalyi appelle le flow. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.
Ce qui est sûr, c’est qu’il est possible de le cultiver intentionnellement.
L’expérience de la grâce : le lâcher-prise
Olivier Pourriol, philosophe, conférencier et romancier (parce que pourquoi n’être qu’une seule personne), dans son ouvrage Facile, publié en 2018, propose une analyse de cet état de relâchement particulièrement intéressante, parce que presque évidente.
Selon lui, le travail ne serait que “la salle d’attente de la grâce”.
Il est vrai que cette notion, d’origine religieuse, suppose une forme de passivité, alors que l’idée serait plutôt d’atteindre, activement, cet état de laisser être.
Un peu comme en méditation.
Une forme d’oubli de soi, de non pensée, d’état zen spontané, où on atteint sa cible parce qu’on ne le vise pas.
Comment l’atteindre ?
Tout un programme, vous imaginez bien.
La première condition d’apparition de cet état, de ce point d’action, ou de non-action, c’est de ne pas chercher à la forcer.
Ne pas forcer.
Expérimenter le relâchement (tendre toute sa volonté vers un but, c’est se crisper et rater son objectif. Aucune tension donc
Prendre du plaisir.
Et la DOUCEUR.
Ensuite, laisser faire, sans y penser, car la pensée paralyse.
Quel soulagement que cette possibilité qui nous est ouverte, non ?
Et pour la trouver, le corps prend toute sa place de troisième de la classe (celle qui sait mais n’en fait toute une histoire).
L’art de la glisse en somme.
Le relâchement fonctionne comme un ressort : dans un corps détendu, l’énergie circule sans entraves, comme un souffle, une vibration.
Et voilà comment je vous invite, parce que c’est ce qui est de plus sensé au monde, à faire facile. Accepter de glisser dans la facilité comme on glisse sur la vague.
Beau programme, non ?
Sinon, j’anime un webinaire sur Linkedin le jeudi 25 juin prochain à l’heure du déjeuner. Une heure pour partager avec vous deux ou trois points sur la confiance en soi - puisqu’on la cherche, partout, toujours et encore.
Au programme :
Pourquoi les femmes semblent manquer de confiance en elles
Comprendre la confiance en soi
5 clés concrètes : comment la développer
Les femmes postulent à une promotion seulement quand elles remplissent 100% des critères. Les hommes, à 60%.
Elles attribuent leurs succès à la chance. Les hommes, eux, à leur talent.
C’est juste une mécanique. Devenez mécanicienne, une heure pendant le déjeuner.
📅 25 juin 2026 - 13h à 14h
🎁 Gratuit
Si vous êtes intéressée, il vous suffit de cliquer là : s’inscrire
Et aussi, mon amie Anne Saint-Cirgue❤, avec laquelle j’anime mes échappées bi-annuelles, a ouvert il y a pile un mois, un lieu unique où pratiquer le yoga et tout un tas d’autres choses, ici à Strasbourg.
Avec son associée, Alex, elles l’ont appelé The Haaus : un lieu où être chez soi, comme à la maison, mais sans avoir besoin de tout faire et en se faisant, uniquement du bien. Un lieu où le corps et le mental peuvent trouver à se réconcilier.
Un lieu magnifique.
Leur site internet est à l’image du lieu : simple, élégant, bien conçu.
Je vous invite à y faire un tour : c’est ici
On peut même prendre un thé ensemble sur place si vous voulez !
Ah oui, encore une chose !
Mon nouveau site internet est en ligne !!
Il est toujours aussi beau mais beaucoup plus clair, simple.
FACILE.
Je serais heureuse d’avoir votre retour.
On me trouve donc désormais à l’adresse www.troisieme-lieu.com et www.peggywihlidal.com.
Tout simplement ici.
Sur ce, je m’en vais déployer la puissance de la douceur.
On verra bien si j’ai raison de penser qu’elle sauvera le monde.
Si vous avez envie d’en être, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à :
peggy@troisieme-lieu.com.
A très vite,
Peggy.








Merci Peggy pour ton partage et ta newsletter toujours aussi inspirante à lire. Merci aussi pour ton partage d’expérience à The Haaus et j’ai hâte de continuer à pratiquer ensemble car au fond le mouvement conscient c’est ça qui nous sauve un peu beaucoup.